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du 24 novembre
au 2 décembre 2012

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Le cinéma à l'écran


Liste des films proposés


Présentation


Courir au Cinéma, pénétrer la salle obscure, reprendre son souffle, s’installer, s’absorber dans les images. Se projeter, s’identifier, vivre la vie d’un autre, accélérer ou ralentir le temps. Être cinéphile. Ce pur plaisir sera troublé cette année. Dérangé. Voire mis à mal. Car les films de cette vingtième Transversale sont des films dans le film. Qui nous envahissent en même temps qu’ils nous dévoilent les rouages des artifices, qui illusionnent en déconstruisant l’illusion, qui nous rappellent plan par plan que nous sommes au cinéma et que nous n’en sortirons pas.
Spectateurs “ piégés ” dans le film. Calés au fond d’un fauteuil, assignés aux coulisses de la fabrication, nous accédons au savoir sur le film. Mais en traquant le vrai au-delà des images, le plaisir gonfle, se décuple et se transforme. Peu importe Irma Vep, la Maîtresse du lieutenant français ou Snake Eyes, nous attendons de débusquer Maggy Cheung, Meryl Streep ou Madonna. La jouissance du regard devient jouissance du savoir. Body Double. La métamorphose est enclenchée, et nous, spectateurs, prêts à tous les abandons, devenons voyeurs excités par la promesse de tout connaître. Témoins de la machinerie, nous nous sentons dans la machine. Là où ça palpite. Là où ça fuse. Là où gît votre sourire enfoui. Le cinéma, fétiche de nos désirs d’obscurité, le cinéma dans tous ses états qui compliquent le plaisir facile de l’identification, le cinéma qui résiste. Ce que nous voyons ? Ni nous-mêmes, ni nos propres émotions puisque nous sommes convoqués à nous décoller des miroirs. Enfin. Par celui que l’on était venu chercher, le cinéaste. Il se livre et nous happe, il lance ses questions au Cinéma et avoue les soins qu’il nous prodigue. À nous, spectateurs. Devenus garants de son dialogue avec le Cinéma, complices et alliés dans cette grande aventure qu’est le film. Peut-être même en sommes nous responsables. Offrande rêvée, la vérité nous engourdit et nous drape de notre importance. Nous participons de la mise en scène, nous pouvons en répondre. Nouveau retournement, la jouissance du savoir se mue en jouissance d’être pris en compte. À parti. En tout cas, nous le croyons. Nous courions au cinéma pour nous absenter à nous-mêmes, nous nous retrouvons Au Cœur des Ténèbres.  Prisonniers d’une place que nous pensions laissée vacante. Pris au piège de rêver que nous sommes passés de l’autre côté de l’écran.
En passant justement, c’est toute la différence avec la mode des bonus et autres making off de DVD, qui augmentent notre savoir du film sans jouer avec nous. Ils sont à la recherche d’un réel du cinéma, comme s’il était caché derrière la fiction, comme si le Cinéma consistait uniquement dans sa fabrication. Cela intéresse, mais ça ne convoque pas.
Pourtant, de notre passage de la salle à l’écran, il faudra revenir, il y aura un générique de fin, nous serons délaissés. Preuve que nous ne sommes que des spectateurs manipulés. Très simplement, comme dans un film sans abyme. Et c’est là notre extrême et ultime jouissance : tel est pris qui croyait prendre. Pris en beauté. Pris par des films qui auront su nous persuader que les rouages rendus visibles étaient ceux du cinéma quand ils ne sont que les alibis déguisés des obscurs ressorts de notre fascination pour le Cinéma. Ici, 28 films, 28 états du Cinéma, 28 chances d’en faire l’heureuse épreuve.

Laetitia Trapet

Liste des films proposés


Paris-Cinéma (Pierre Chenal, France, 1929, 26’) + L’Opérateur/The Cameraman (Buster Keaton, États-Unis, 1928, 1h20)

Le Schpountz (Marcel Pagnol, France, 1938, 2h40)

Les Voyages de Sullivan/Sullivan’s Travels (Preston Sturges, États-Unis, 1941, 1h30)

Bellissima (Luchino Visconti, Italie, 1951, 1h45)

La Dame sans camélias/La signora senza camelie (Michelangelo Antonioni, Italie, 1953, 1h45)

Une étoile est née/A Star Is Born (Georges Cukor, États-Unis, 1954, 2h50)

Conte philosophique (la caverne) (Philippe Fernandez, France, 1998, 14’, silencieux) + Le Zinzin d’Hollywood/The Errand Boy (Jerry Lewis, États-Unis, 1961, 1h32)

La Ricotta (Pier Paolo Pasolini, Italie, 1963, 35’) + Le Mépris (Jean-Luc Godard, France, 1963, 1h45)

Le Début/Nacalo (Gleb Panfilov, URSS, 1970, 1h26)

Prenez garde à la sainte putain/Warnung vor einer heilige Nutte (Rainer Werner Fassbinder, RFA, 1970, 1h43)

Instructions for a light and sound machine (Peter Tscherkassky, Autriche, 17’) + Mourir pour des images (René Vautier, France, 1971, 45’)

Por primera vez (Octavio Cortazar, Cuba, 1967, 10’) + L’Automne (Marcel Hanoun, France, 1972, 1h10)

Le Dernier Nabab/The Last Tycoon (Elia Kazan, États-Unis, 1976, 2h03)

La Maîtresse du lieutenant français/The French Lieutenant’s Woman (Karel Reisz, Grande-Bretagne, 1981, 2h03)

Sois belle et tais-toi (Delphine Seyrig, France, 1975-77, 1h55)

Body Double (Brian de Palma, Etats-Unis, 1984, 1h54)

Intervista (Federico Fellini, Italie, 1986, 1h52)

Aux cœurs des ténèbres – L’apocalypse d’un metteur en scène/Hearts of Darkness – A Filmmaker’s Apocalypse (F. Bahr, G. Hickenlooper et Eleanor Coppola, États-Unis, 1991, 1h36)

Snake Eyes (Abel Ferrara, États-Unis, 1993, 2h05)

Salam Cinéma (Mohsen Makhmalbaf, Iran, 1995, 1h15)

Irma Vep (Olivier Assayas, France, 1996, 1h38)

Où gît votre sourire enfoui ? (Pedro Costa, France-Portugal, 2001, 1h44)

Silence… on tourne/Soukout hansawer (Youssef Chahine, Egypte, 2001, 1h42)


Le Dernier Nabab The Last Tycoon (Elia Kazan, États-Unis, 1976)
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The Last Tycoon
(Elia Kazan, États-Unis, 1976)

La Maîtresse du lieutenant français The French Lieutenant’s Woman (Karel Reisz, Grande-Bretagne, 1981)
cliquez pour agrandir l'image La Maîtresse du lieutenant français
The French Lieutenant’s Woman
(Karel Reisz, Grande-Bretagne, 1981)

Snake Eyes (Abel Ferrara, États-Unis, 1993)
cliquez pour agrandir l'image Snake Eyes
(Abel Ferrara, États-Unis, 1993)